Le café comme véhicule pour voyager

Sourcing & caféiculture

Le café comme véhicule pour voyager

Marjorie Canjura | 2020-05-26

Au cours des deux derniers mois et suite à la pandémie, nous vous avons donné des nouvelles de nos fournisseurs et la manière dont ils gèrent cette situation et les nouvelles problématiques auxquelles ils font face : paiements bloqués, distanciation sociale, mesures de sécurité sanitaire inimaginables et toutes sortes de restrictions pour contenir l'épidémie de Covid19 et pour garantir que leurs cafés si attendus arrivent dans notre entrepôt du Havre.

Au-delà de partager avec vous leurs nouveaux enjeux, pas toujours évidents, notre message en tant que sourceur de café vert sera toujours d'encourager tous les acteurs de la filière pour avancer ! Développons ensemble notre adaptabilité et notre résilience.

Utilisons le café comme véhicule pour voyager à travers le monde, pour éveiller notre conscience et découvrir de nouvelles opinions ! Cette fois-ci, nous avons rompu l'isolement et rejoint « virtuellement » trois origines en Amérique du Sud : le Brésil, le Pérou et la Colombie. Rejoignez-nous pour découvrir les opinions de nos fournisseurs, leurs perspectives d’évolution et leurs réalités assez différentes sur des divers sujets.

De nouveaux défis qui mènent à une nouvelle réalité.

Les producteurs sont confrontés à de nouveaux défis qui pourraient donner lieu à des situations difficiles tôt ou tard. Dans tous les cas, de nouveaux services de transport dédiés pour les collaborateurs, la réduction des heures de travail en raison des restrictions actuelles et l'investissement dans du matériel de santé et de protection sont des mesures nécessaires mais elles représentent pour eux une augmentation des dépenses considérables.


Chez Felipe Croce de Fazenda Ambiantal Fortaleza au Brésil, la récolte vient de commencer il y a 15 jours et elle va battre son plein dans les prochains jours et ce jusqu'en juillet-août. FAF est un groupe familial géographiquement isolé, comme le sont la plupart des régions en croissance au Brésil. Même si cette zone rurale semble actuellement à faible risque, il faut continuer à investir dans la formation des agriculteurs et des cueilleurs qui sont la plupart du temps des résidents locaux, pour garantir la pérennité de l’activité caféière.


Le cofondateur de COOPAGRO, Norbil Vela au Pérou, qui est également producteur de café dans la région de Jaen, souligne que la coopérative est confrontée à des problèmes de main d’œuvre et d'horaire en raison des interdictions et des couvre-feux établis. Les déplacements vers les villes sont limités, principalement parce que les agriculteurs ont peur et cette situation emmène à un manque de main-d'œuvre pour la récolte actuelle. Le financement n'est pas une option et pour l'instant les agriculteurs bénéficient d'une assistance technique et d'une communication générale par téléphone ainsi que du service de transport pour acheminer leurs cafés vers le dry mill de la ville. COOPAGRO était sur le point de renouveler l’ensemble de ses certifications, ce qui pourrait se produire virtuellement, explique Norbil. Cette coopérative soutient un groupe de petits agriculteurs dans les régions avoisinantes de la province de Jaén et malgré de nombreux points négatifs, Norbil croit vraiment que c'est une excellente occasion d'évaluer l'impact réel de COOPAGRO. En travaillant avec de nombreux producteurs, de nombreuses familles accèdent à des avantages sociaux et économiques.


Laura et son père Afranio de l'Hacienda La Leona en Colombie, ont une ferme familiale de taille moyenne où la récolte principale est sur le point de démarrer. Ils restent très optimistes sur la qualité et les volumes pour cette récolte. Ils profitent d'une situation apaisée dans cette région de caféiculture, ce qui leur permet de travailler avec une certaine normalité tout en respectant les restrictions de circulation, en diffusant des informations préventives aux personnes venant des régions avoisinantes. Ils sont très intéressés par la caféiculture et par tous les process de transformation du café.

 

Un avis sur le café de spécialité.

Dans tous les domaines, il y a une volonté et un intérêt communs pour assurer un avenir au café de spécialité. Cela ne se produira que si les producteurs ont des relations commerciales à long terme avec des clients fiables comme Belco et son réseau de torréfacteurs, pour rester bien positionnés et investir à l'issue de la flambée, disent-ils. Cependant, Felipe prédit quelques années difficiles devant lui avec une mer agitée. Il est convaincu que nous sommes tous dans la même situation mais pas forcément dans le même bateau, c’est le moment pour nous entraider et c'est aussi le moment de renforcer les partenariats et les amitiés.
« Je pense que les entreprises qui survivront deviendront plus fortes et seront enhardies. Les clients seront moins confiants envers les grandes marques. Ils réfléchiront à deux fois avant d'acheter et ce sera à nous, entrepreneurs et torréfacteurs, d'être plus visibles et engagés sur nos convictions. Je vois un futur marché porté davantage sur les valeurs que sur les prix », décrit Felipe.
Laura et Afranio n'abandonnent pas le café de spécialité, au contraire, avoir un produit de haute qualité ouvrira de nombreuses portes et de nouvelles possibilités pour eux et leurs collaborateurs, que ce soit localement ou hors de Colombie. Selon eux, être créatif ou innovant est inutile s'ils offrent un café de mauvaise qualité à leurs clients et c'est la raison pour laquelle ils doivent s'adapter à un nouveau marché, mais toujours dans le respect de la nature et de leur communauté.
Comme on le voit en Europe, boire un meilleur café à la maison devient une tendance émergente. Felipe et Norbil conviennent tous deux que le marché local ouvrira aux producteurs la possibilité de pénétrer dans des marchés plus conventionnels comme les supermarchés et les livraisons locales. Dans un avenir très positif, ils pensent que les entreprises vont davantage s’orienter vers le développement durable, renforcer les relations de de long-terme, se rapprocher de leur client digitalement et promouvoir l'innovation.
En fin de compte, le café est bien plus qu’un « véhicule » pour voyager, ceci est notre petit message sur l'importance de rester connecté et de prendre toutes les informations précieuses pour maintenir cette filière en vie.

Marjorie Canjura et Diego Zamora, pour l'équipe Belco.

 

Quelle est la situation actuelle dans votre ferme et dans les environs ?
 
Felipe : Il y a toujours un faible risque de contagion, quelques cas dans cette région productrice de café et beaucoup de formation sur la sécurité sanitaire parmi les partenaires.
Norbil: Le risque de contagion est élevé dans les communautés, il y a beaucoup de peur, de confinement et de couvre-feux.
Laura & Afranio : Le risque de contagion est moyen, un certain calme relatif et du confinement.
 
Quelles sont les principales conséquences après l'apparition du Covid19 ?
 
Felipe : Pour le moment, les conséquences sont seulement hypothétiques.
Norbil: Il y a un manque de travail dû à la peur et aux restrictions donc de faibles rendements et l’accès aux fournitures agricoles est limité.
Laura & Afranio : Pour le moment, on ne voit pas encore de conséquences.
 
Quelles sont les opinions de vos collaborateurs sur l'épidémie (familles et communauté) ? 


Norbil: Beaucoup de peur pour la contagion et d'incertitude pour vendre leurs cafés
Laura & Afranio : Les collaborateurs sont assez confiants en ce moment. Peu ou pas de cas dans la région.
 
Quelle est l’actualité de vos fermes en ce moment ?
 
Felipe : Nous en sommes au début de la récolte qui s'étendra jusqu'en juillet / août.
Norbil: Nous sommes sur le point de commencer la récolte.
Laura & Afranio : Nous en sommes au début de la récolte principale.
 
Quel est l’impact sur votre entreprise ?

Felipe : Nous aurons des retards sur la campagne 2020
Norbil: Nous allons surement rencontrer des problèmes de liquidité car nous n’avons aucun financement.
Laura & Afranio : L’impact n’est pas significatif pour le moment.
 
La productivité et les rendements pourraient-ils être affectés par cette situation ?
 
Felipe : Nous avons eu un très bon climat cette année. Nous attendons une bonne qualité et de la quantité.
Norbil: Cela semblait être une bonne année mais le manque de main-d'œuvre en raison des restrictions affectera certainement la production.
Laura & Afranio  Nous aurons une bonne qualité et les volumes souhaités. Le manque de main-d'œuvre au pic de la récolte pourrait affecter le rendement.
 
Quelles sont les mesures de santé et de protection chez vos collaborateurs ?

Felipe : Distanciation sociale, masques, gel hydro alcoolique  et formation.
Norbil: Distanciation sociale, masques, gel hydro alcoolique, formation et nouvelles procédures mises en place.
Laura & Afranio : Nous diffusons uniquement des informations précises sur les problèmes de santé et le virus parmi les travailleurs.
 
Quelles actions visant à minimiser les conséquences sociales et économiques ont été mises en place ?

Felipe : Renforcer les partenariats actuels et ponctuels et les relations amicales.
Norbil: S’adapter,  coordonner des services de transport nouveaux pour acheminer les cafés, obtenir des dérogations spéciales pour les producteurs, des audits virtuels pour le renouvellement des certifications, plus de support technique par téléphone et renforcer nos partenariats.
Laura & Afranio : Nous pensons qu'un café de haute qualité peut ouvrir de nombreuses portes et de nouvelles possibilités. Nous allons nous concentrer uniquement sur la qualité et tout faire pour avoir plus d’aide pour la récolte.
 
Quelles sont vos opinions sur l'évolution des marchés du café et sur l’évolution de votre activité ?

Felipe : Les volumes de café diminueront et le secteur du specialty sera durement touché. De nouvelles tendances pourraient émerger et de nouveaux marchés potentiels pouvoir s’ouvrir au specialty.
 Norbil: La consommation familiale augmentera et de nouveaux modes de livraison verront le jour. Les cafés peuvent être très durement touchés, il va falloir apprendre à vivre avec la pandémie, plus de télétravail, plus de solidarité, d’entraide et de nouveaux points de collecte de café non centralisés.
Laura & Afranio : Nous nous adapterons aux nouvelles tendances que ce soit localement en Colombie ou à l’export tant que cela implique un café de haute qualité et un prix équitable.

Quelle est votre opinion sur l'avenir du café de spécialité ?

Felipe : Surement difficile au début. L'industrie sera plus basée sur les valeurs que sur les prix je l’espère.
Norbil: La demande baissera sans aucun doute mais elle remontera !
Laura & Afranio : Nous sommes très optimistes mais la transition prendra quelques années.
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