
Quels espoirs pour un marché plus stable ?
La semaine a été extrêmement volatile : le marché a été à son niveau le plus haut depuis avril 2023 et s’est approché de la barre des $190. Les différentes sessions ont toutes été de forte amplitude, surtout la session du 29 novembre avec $11 cts/lb entre le haut et le bas. Du jamais vu depuis l'annonce des gelées au Brésil !
Pourquoi cette volatilité ?
Le marché est nerveux en raison de la chute des stocks certifiés, ayant atteint 224.000 sacs cette semaine, niveau le plus bas depuis plus de 24 ans.
De même, les informations concernant un impact négatif sur les rendements de la récolte 24/25 au Brésil, après une vague de chaleur suivie des prévisions de pluie, ont contribué à ce climat d’incertitude.
Un potentiel de production très positif au Brésil
Du côté des fondamentaux, les informations sont moins négatives pour l’Arabica puisque deux sources privées continuent de voir le potentiel 24/25 supérieur à 70 millions de sacs au Brésil, soit le second plus gros cycle de production jamais réalisé.
Ce dernier devrait cependant contenir au moins 24 millions de sacs de Conilons, ce qui est à considérer, car tout n’est pas que de l’arabica….
De plus, les chiffres d’exportation du Brésil ont également permis de confirmer un troisième mois consécutif à 4 millions de sacs ! Il faut savoir que dans le passé, 3 millions de sacs était un gros volume d’exportation.
Là encore, une bonne partie est du Conilon mais le volume et la tendance sont là pour rappeler qu’il y a beaucoup de café.
Et en Amérique Centrale ?
Le début du cycle d’Amérique Centrale est dans les tuyaux alors que la Colombie vient de publier deux mois consécutifs de production mensuelle supérieure à celle de l’an passé.
Souhaitons encore une fois que les fondamentaux continuent de confirmer une meilleure disponibilité. Ce qui devrait, tôt ou tard et sans choc climat, se répercuter sur les prix.
Hausse et diversification des cafés certifiés : un espoir ?
D'autres points qui pourraient permettre un peu d’espoir à moyen terme…
Est-ce la fin de la baisse du volume de cafés certifiés ?
Après des mois sans aucun intérêt à certifier du café contre la bourse, les dernières semaines ont montré une hausse de la quantité de café en attente de certification. Cela voudrait dire que les prix récemment atteints, la faible demande à l’exportation (utilisation des stocks en Europe) et différentiels (en baisse) commencent d'inciter certains acteurs à recourir à la bourse comme acheteur final.
Multiplication des origines de café certifié
En janvier 23, 95% du stock certifié était représenté par le Brésil et le Honduras, sans presque qu’aucune autre origine ne soit représentée. Aujourd’hui, le taux est passé à 85% et malgré la baisse du volume certifié, il est clair que de nouvelles origines ont décidé de certifier comme la Papouasie, le Pérou, le Rwanda ou la Tanzanie.
La solution pour le café non vendu ?
Les cafés invendus du Pérou et d'Amérique Centrale pourraient bientôt terminer en stock certifié. L’analyse des cafés soumis à certification lors des prochaines semaines le dira, surtout pour des origines comme le Pérou et le Honduras.
Pour terminer, quelle est la structure du marché ?
La structure du marché est inversée pour Mars/Mai 23, mais porteuse pour le reste des positions. Le marché est confiant concernant la disponibilité du café d'ici à quelques semaines.
Il est essentiel que le marché revienne en portage pour anticiper une diminution des prix et surtout, un retour à une situation « normale » pour l’industrie, exportateur et importateurs principalement.
Dans le même temps, il est impératif que les pluies reviennent au Brésil pour éviter une perte de production 24/25 et une possible hausse des prix, en cas de dommage confirmé.
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