
L’Ouganda, l'autre pays des SL
Si l’Ouganda est connu dans l’industrie caféière comme le lieu de naissance du Robusta, la production d’Arabica s’y développe depuis le XXᵉ siècle. Elle atteint aujourd’hui ¼ de la production de café du pays, sans atteindre la place qu’ont les cafés kényans, pourtant voisins, dans l’imaginaire collectif.
Jacques Chambrillon, le Directeur de l’agence Belco Ethiopie, est responsable du sourcing de nos cafés ougandais. Du Mont Elgon, à l’ouest, au Mont Rwenzori, à l’est, il y a pourtant là-bas « tout ce qu’il faut pour produire des arabicas de qualité ».
Le Mont Elgon, entre l’Ouganda et le Kenya
Quand on parle des arabicas ougandais, on ne passe pas à côté du Mont Elgon. C’est l’un des lieux phares de la production d’arabicas dans le pays, là où l’expansion de cette espèce a débuté. Ce Mont fait du pays l’endroit au Monde où l’on trouve le plus de SL, après le Kenya.
En effet, le Mont Elgon se situe sur la frontière qui sépare l’Ouganda du Kenya. Les caféiers s’y plaisent car « l’altitude et le climat sont bons pour cultiver des SL, 14 et 28. Plus on monte, plus on trouve de SL 28, jusqu’à 2000 m d’altitude ».
Le Mont Rwenzori, à la frontière avec le Congo
L’autre endroit important pour la production d’arabicas en Ouganda se situe à l’est du pays. C’est le Mont Rwenzori, qui sépare l’Ouganda de la République Démocratique du Congo.
De ce côté du pays, nous travaillons principalement avec la coopérative KAPCCO, la Karangura Peak Modern Coffee Farmers Cooperative. Tous leurs cafés sont certifiés Fairtrade, sans intrants, comme dans la majorité des fermes du pays.
Plus de polyculture, moins d’intrants
Historiquement, l’Ouganda est un pays de petits producteurs, dont les terres n’ont jamais fusionné en de grandes exploitations, comme on en trouve au Kenya.
Jacques nous explique que « la production de café en Ouganda est organisée comme en Ethiopie, ou au Rwanda ». Il s’agit de petites exploitations, avec des caféiers, des bananiers, des orangers. On parle de polyculture, de petites surfaces exploitées au maximum, dans un modèle proche de l’agroécologie.
D’autant que l’utilisation d’intrant est fortement limitée, comme en Ethiopie, par le pouvoir d’achat des producteurs.
Une alternative aux cafés kényans, encore trop méconnue ?
Pour constituer notre offre de cafés ougandais, Jacques est parti à la recherche de cafés qui correspondent à notre ADN : des cafés de qualité, avec une histoire. « L’idée, c’était de trouver des gens qui font des process sympas, des honeys, des natures et des lavés. Avec une attention particulière sur la qualité, de la production jusqu’au process ».
Le résultat de ce travail, ce sont des principalement des cafés fruités, gourmands. C’est, là encore, Jacques qui en parle le mieux : « on retrouve un côté fruits noirs, avec des notes de cassis, de mûres. Comme les cafés keyans, mais avec plus de rondeur et de sucrosité. Et, aussi, il faut le reconnaître, un prix moins élevé ».
Mais alors, pourquoi les connais-t-on si peu, malgré toutes leurs qualités ? En Ouganda, la production de café repose sur des initiatives individuelles, comme celles des exportateurs Masha Quality ou de Bariguna sur le Mont Elgon, ou de la coopérative Karangura sur le Mont Rwenzori.
Il manque en Ouganda, pour Jacques, « une filière structurée et soutenue par le gouvernement, avec l’intention de développer l’exportation de cafés de qualité », alors que le café est le produit d’export le plus important du pays.
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